1. Vérifie son permis OACIQ — toujours, en premier
Au Québec, exercer le courtage immobilier sans permis de l'OACIQ (Organisme d'autoréglementation du courtage immobilier du Québec) est illégal. Le permis garantit que la personne a suivi la formation, détient une assurance responsabilité et est encadrée par un fonds d'indemnisation si quelque chose tourne mal.
Vérifie-le toi-même : le registre public de l'OACIQ est gratuit et en ligne. Tu y vois si le permis est actif, depuis quand, et surtout s'il y a des sanctions disciplinaires inscrites au dossier. Un courtier sérieux n'a aucun problème à ce que tu vérifies — c'est la première chose à faire, avant même de parler stratégie.
2. Exige une vraie expérience de TON secteur
Un courtier qui vend surtout des condos au centre-ville n'est pas le meilleur choix pour ton bungalow en banlieue, et vice versa. Ce qui compte, c'est qu'il connaisse les prix réels, le rythme des ventes et les acheteurs de ton quartier précis — pas juste de ta ville.
Demande-lui ses transactions récentes dans ton secteur : combien de propriétés comparables il a vendues dans les 12 derniers mois, à quel prix par rapport à l'inscription, et en combien de jours. Des chiffres concrets valent mille promesses. S'il évite la question, c'est un signal.
3. Comprends qui le courtier représente
À l'achat, les services d'un courtier sont presque toujours gratuits pour toi : c'est le vendeur qui paie la commission, partagée avec le courtier de l'acheteur. Tu as donc tout intérêt à être représenté par TON propre courtier, qui négocie dans ton intérêt et non celui du vendeur.
À la vente, c'est toi qui paies la commission, et le courtier travaille pour toi : il fixe le prix, met en marché, filtre les acheteurs et négocie le meilleur produit net. Dans tous les cas, assure-toi que le courtier te représente clairement — un même courtier ne peut pas défendre à fond les deux parties en même temps.
4. Lis le contrat de courtage avant de signer
Le contrat de courtage (achat ou vente) est un engagement légal. Regarde trois choses : la durée (un contrat de vente de 90 jours te laisse plus de marge qu'un de 12 mois si la relation ne fonctionne pas), l'exclusivité (t'engages-tu à ne passer que par lui ?) et le taux de commission, qui est toujours négociable au Québec.
Méfie-toi des clauses de protection trop longues après l'expiration (qui t'obligent à payer une commission même après la fin du contrat si tu vends à un acheteur qu'il avait présenté). Tu peux demander à modifier une clause avant de signer — un courtier de confiance l'explique sans te presser.
5. Négocie la commission — et compare le service, pas juste le taux
La commission d'un courtier vendeur tourne souvent autour de 4 % à 5 % du prix de vente (taxes en sus), mais rien n'est fixe : tout se négocie. Un taux plus bas peut être une aubaine… ou un signe que le courtier coupe dans la mise en marché (photos, vidéo, publicité, visites libres).
Demande exactement ce qui est inclus : photos professionnelles, plan, mise en marché Centris et réseaux, séances de visites, accompagnement à la promesse d'achat et au notaire. Le moins cher au pied carré n'est pas toujours le meilleur produit net dans tes poches à la fin.
6. Pose les bonnes questions en entrevue
Rencontre au moins deux ou trois courtiers avant de choisir. Tu cherches quelqu'un de compétent, mais aussi quelqu'un avec qui tu communiques bien — tu vas lui parler chaque semaine pendant des mois.
Les questions qui révèlent un bon courtier : « Depuis combien de temps détenez-vous votre permis OACIQ ? », « Combien de propriétés avez-vous vendues dans mon secteur cette année ? », « Quelle est votre stratégie de prix et pourquoi ? », « Êtes-vous joignable les soirs et fins de semaine ? », « Travaillez-vous seul ou en équipe ? ». Les réponses vagues ou les promesses irréalistes (un prix de vente trop beau pour être vrai) sont des drapeaux rouges.
7. Repère les signaux d'alarme
Fuis le courtier qui te promet un prix de vente nettement supérieur au marché juste pour décrocher ton contrat (le « gonflage » d'inscription, qui finit en baisses de prix répétées), celui qui te presse de signer sur-le-champ, ou celui qui refuse de te montrer ses transactions passées.
À l'achat, méfie-toi de celui qui te pousse vers une propriété qui ne correspond pas à tes critères ou qui minimise tes conditions d'inspection et de financement. Un bon courtier protège ton intérêt, même quand ça ralentit la transaction.